INTRODUCTION :
Deux mois après la reprise, les choses ne sont pas revenues à la normale. Le pic d’activité post-confinement est retombé, certains salons constatent même un ralentissement. Entre surcoûts sanitaires, espace de travail réduit et incertitude économique, l’avenir immédiat du secteur reste compliqué. Mais des solutions émergent — et elles passent par une transformation en profondeur du modèle.
La première raison de cette fragilité est simple : la menace sanitaire n’a pas disparu. Les professionnels de la coiffure ont accéléré leur numérisation, mais la crainte d’une nouvelle vague complique toute vision à court terme.
Les périodes traditionnellement creuses — vacances scolaires, rentrée — sont devenues des moments d’incertitude supplémentaire. Certains salons n’ont pas d’autre choix que d’ouvrir pendant ces périodes pour compenser les pertes accumulées. Les indicateurs sanitaires et économiques doivent être suivis de très près — une dégradation comparable à celle observée en Allemagne ou en Espagne serait dramatique pour une grande partie des entreprises françaises de la coiffure.
Le risque principal reste le dépôt de bilan. Mais ceux qui survivent ne sont pas pour autant à l’abri — ils devront rester vigilants face aux nouvelles dépendances qui se créent.
Les grandes marques et grands réseaux sortiront renforcés de cette crise. Ils ont les reins solides et les moyens de s’adapter rapidement. Pour le reste de la profession, c’est la gestion au jour le jour qui prime — avec le risque d’accepter des conditions défavorables faute d’alternatives.
Avant même la crise, plus d’un salon sur deux n’avait déjà aucun employé. Ce chiffre va augmenter. Et avec lui, la capacité à gérer des volumes de clients que la numérisation est censée apporter sera de plus en plus limitée. Sans nouvelles formes de collaboration, l’approche industrielle du métier sera mise en difficulté.
Sans surprise, les coiffeurs freelance et à domicile ont mieux traversé la crise que les salons. Plus numérisés, plus mobiles, avec moins de charges fixes — autant d’atouts qui leur ont permis de ne pas couler pendant la tempête.
Ce contexte risque d’accentuer le sentiment de concurrence déloyale des salons vis-à-vis des indépendants. Mais c’est une erreur de lecture. Les freelances ne sont pas la menace — ils sont une partie de la solution. Le marché ne sera plus jamais le même, et le secteur a besoin de se réinventer en intégrant ces nouveaux profils plutôt qu’en les repoussant.
La crise sanitaire s’ajoute à des difficultés de recrutement déjà chroniques. En dix ans, le secteur a perdu 10 000 employés salariés et gagné plus de 20 000 freelances. Aujourd’hui, une entreprise de la coiffure sur trois est un coiffeur indépendant. Cette tendance va s’accélérer.
Les nouveaux dispositifs de formation créés pour répondre à ce défi ne produiront leurs effets que dans 3 à 5 ans. Entre-temps, le secteur devra être inventif pour attirer et fidéliser des collaborateurs dans un contexte où l’entrepreneuriat indépendant est de plus en plus attractif.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
Annuaire HairB2B
Salons partenaires, espaces coworking coiffure, disponibilités en temps réel — tout est dans notre annuaire gratuit.
Consulter l'annuaire →La numérisation fait indéniablement partie des solutions. Mais elle ne doit pas créer de nouvelles dépendances. Les outils numériques sont au service des entrepreneurs — pas l’inverse.
Pour les salons, miser uniquement sur des clients “achetés” via des plateformes low-cost réduit les marges et impose des volumes impossibles à tenir sans équipe. Seuls les salons avec plusieurs employés peuvent se permettre ce modèle. Les autres doivent s’inspirer de modèles plus agiles.
Le modèle économique gagnant semble aujourd’hui être un modèle mixte : une base de clients fidèles bien entretenue, complétée par de nouvelles collaborations B to B — notamment via la location de fauteuil coiffure — pour optimiser l’occupation des espaces et générer des revenus complémentaires sans charges supplémentaires.
Le secteur semble prêt à cette mutation. Ceux qui l’anticipent auront une longueur d’avance décisive.