Ces dernières années ont été chargées en annonces de vente de fonds de commerce coiffure. On dit que ce n’est pas plus fréquent que dans d’autres secteurs d’activité. Mais la coiffure le ressent peut-être plus durement : on espère souvent valoriser une partie du travail accompli, parfois dans une certaine souffrance. Ne pas réussir à céder le fruit de ce travail est d’autant plus vécu comme une injustice.
Pour beaucoup, cette étape représente pourtant une occasion de se recentrer, voire d’optimiser une situation qui semblait inextricable. Voici une analyse de ce qui se dit, et de ce qu’on a pu échanger avec ceux qui traversent ces crises multiples.
Lorsqu’on vend un fonds de commerce sans être propriétaire des murs, c’est avant tout le bail commercial que l’on transmet. Et en termes de séduction pour un éventuel acquéreur, c’est déjà une contrainte.
Si on met de côté le mobilier et l’équipement, c’est en grande majorité de l’intangible que l’on vend. Le chiffre d’affaires d’un salon est l’un des éléments objectifs de valorisation du fonds de commerce. Mais un client peut changer de crémerie : ce CA n’est en rien garanti.
Ce qui l’est, en revanche, c’est le loyer prévu par le bail commercial — souvent élevé, non négociable, engagé sur des durées qui donnent le vertige. De quoi démotiver ceux qui cherchent à reprendre une affaire déjà en place.
Tous les jours, sur les réseaux, on en voit : “Vends fonds de commerce…”
Facebook draine quotidiennement une quantité d’annonces gratuites qui montre que l’offre de vente dépasse largement la demande d’acquisition. Résultat : un effet de masse qui dévalue les salons en vente, où le seul levier pour sortir une proposition attractive devient la baisse du prix — qui entraîne à son tour une baisse générale du marché.
Certains salons ont même tenté une tombola : pour une somme modique, les potentiels acquéreurs pouvaient participer. À notre connaissance, le seuil minimum de participants n’a pas été atteint, et cette démarche originale n’a pas été couronnée de succès.
Certains “médias” ont saisi l’opportunité en proposant de l’espace payant spécialisé dans la vente de salons — à l’image de ce qui existe pour le recrutement, un effet d’aubaine pour ces annonceurs. Mais d’après nos sources, peu de ventes réelles à la clé. Tout ceci continue d’alimenter l’anxiété et le découragement de tout un secteur.
Si autant de salons sont en vente, c’est en grande majorité à cause de charges auxquelles on n’arrive plus à faire face. Cette vente, qui devait permettre de sortir la tête de l’eau avec un petit bonus à la clé, ne se fait pas — et quand l’acquéreur idéal ne se présente pas, cela se termine malheureusement par un dépôt de bilan pur et simple. Un échec ressenti profondément par des entrepreneurs qui ont tout donné pour leur affaire.
C’est à ce moment précis que beaucoup envisagent les choses d’un autre œil. Certains avec la volonté de changer complètement de secteur d’activité. D’autres réalisent qu’ils possèdent encore une valeur bien réelle, qui devient leur bouée de sauvetage pour la suite de leur carrière : leurs clients. Et repensent alors la manière d’apporter ce service.
Quelques coiffeurs se lancent à domicile, en micro-entreprise. Certains adorent. D’autres ne se font pas à l’inconfort des déplacements. Ceux-là cherchent une solution pour continuer à exercer dans des conditions similaires — et se tournent naturellement vers la location de fauteuil, quand elle est accessible à proximité de leur ancien salon.
En cas de vente du fonds, ce format est impossible à cause de la clause de non-concurrence. Mais en cas de non-vente, cela s’avère une solution à laquelle beaucoup s’étaient souvent opposés par le passé. Et finalement, ils continuent de travailler dans des conditions équivalentes, sans les principales contraintes de la gestion — et souvent plus rentables qu’ils ne l’avaient jamais été.
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Plus de salon, mais encore des clients ? Vérifiez si la location de fauteuil est accessible pour vous.
Faire le test →Mettre en vente son fonds de commerce est une fin de cycle pour beaucoup d’entrepreneurs de la coiffure. Et le dépôt de bilan, un échec ressenti très fort. Il peut cependant être la raison d’une refonte de la façon de voir les affaires. Souvent, c’est même une libération. Le changement est toujours difficile à encaisser — mais il est aussi, souvent, ce qui mène vers une plus grande liberté.