INTRODUCTION :
Avec un peu d’humour, mais beaucoup de sérieux. À force d’observer le marché de la coiffure, on finit par voir des choses que les discours officiels ne disent pas toujours. Une chose est certaine : 2025 n’a pas été une année facile pour le secteur. Les professionnels le ressentent, les chiffres le confirment. Reste une question centrale : que nous réserve 2026 ? Avant de sortir la boule de cristal, faisons un bilan honnête de 2025 pour mieux nous projeter.
Le décor est planté. En France, la coiffure reste un poids lourd de l’artisanat : 111 177 établissements recensés au 1er janvier 2025, pour 177 964 actifs dont plus de 23 000 apprentis. Le secteur génère environ 6,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires — mais cette masse cache des réalités bien plus contrastées.
Le chiffre d’affaires moyen par salon plafonne autour de 76 300 € par an. La coiffure à domicile représente déjà près de 31 % des activités du secteur avec 31 501 établissements. Un chiffre qui raconte, à lui seul, une mutation profonde.
Les indicateurs 2024 sont clairs : -2,75 % de chiffre d’affaires par personne active et par jour, une baisse de la fréquentation de -1,94 %, une fiche moyenne globale à 43 € en léger recul, et un pouvoir d’achat des clients grignoté par plusieurs années d’inflation cumulée (+4,9 % en 2023, +5,2 % en 2022).
Résumé : moins de passages, des paniers sous pression, des marges qui s’effritent.
Les causes avancées par les organisations professionnelles sont connues et répétées depuis des années : trop de salons, trop de concurrence, trop de charges, trop de TVA.
Ces discours ont eu le mérite d’installer la coiffure dans les espaces de discussion publics, notamment pendant et après la crise Covid. Succès réel ou succès politique ? Difficile à trancher.
Ce qui est certain, c’est que le nombre de salons employeurs continue de diminuer. En 2024, on en compte 37 289, en baisse de 1 % sur un an, et en recul continu depuis 10 ans. Quant à la TVA réduite, dans un contexte de déficit public, elle ne semble clairement pas à l’ordre du jour. Les projections institutionnelles convergent toutes vers la même conclusion : moins de salons demain qu’hier.
Moins de salons, mais pas moins de coiffeurs. C’est ici que les données deviennent vraiment intéressantes.
Chaque année, environ 8 000 établissements ferment — pour dépôts de bilan, absence de repreneur ou départs à la retraite. Mais derrière ces fermetures, la plupart des professionnels ne quittent pas le métier. Ils changent de cadre.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de coiffeurs à domicile a été multiplié par 4 entre 2009 et 2022. Le régime de la micro-entreprise représente désormais 28 % des établissements du secteur et continue de progresser (+6,1 % en 2023).
La coiffure ne disparaît pas — elle se déplace. En 2026, il est tout à fait plausible que le nombre de coiffeurs à domicile dépasse celui des salons indépendants non franchisés, ou que les deux modèles s’équilibrent durablement.
Ce que 2025 a rendu très visible, c’est la multiplication des services, outils et marques dédiés à la coiffure à domicile. Longtemps ignorée par les grandes marques professionnelles, elle attire désormais leur attention. Et pour une raison simple : moins de salons ne signifie pas moins d’objectifs de ventes.
Cet intérêt reste encore imparfait. Beaucoup d’acteurs B2B appliquent aux coiffeurs à domicile des logiques pensées pour les salons. Mais cela évolue vite.
De nouvelles marques et plateformes jouent désormais la carte du “100 % pensé pour les dom'” : produits, logistique, accompagnement, modèles économiques. Toutes ne survivront pas. Mais les plus agiles trouveront le bon équilibre entre leur propre rentabilité et celle de leurs clients professionnels. C’est là que le marché est en train de basculer.
Les attentes des coiffeuses et coiffeurs à domicile sont désormais claires, et dans cet ordre : liberté dans l’organisation et la relation client, stabilité des revenus, rentabilité réelle dans un contexte de charges maîtrisées.
La grande erreur serait de continuer à penser le B2B coiffure uniquement comme un dialogue salons/fournisseurs. La coiffure à domicile est désormais un marché à part entière, avec ses codes, ses contraintes et ses opportunités spécifiques.
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Découvrez ce qui fait vraiment la différence entre un salon qui réussit la location de fauteuil et les autres.
Lire l'article →Le paysage de la coiffure française se recompose progressivement. Moins de salons employeurs, qui se déplacent de plus en plus vers le domicile des clients. Plus de coiffeurs indépendants, qui regroupent une partie de leur clientèle en salon grâce à la location de fauteuil. Et une nécessité absolue pour tous les professionnels : recalculer leurs marges tout en trouvant de nouveaux leviers de chiffre d’affaires.
La boule de cristal n’est peut-être pas parfaite. Mais les chiffres, eux, ne mentent pas.
2026 ne sera pas une rupture brutale. Ce sera une confirmation. Et ceux qui auront su s’adapter dès maintenant feront partie des gagnants du prochain cycle.